Escalier Monumental Valence
L’Escalier Monumental Valence est sans doute l’élément le plus emblématique de notre paysage urbain. Si vous habitez dans la Drôme ou que vous visitez la ville, vous l’avez forcément emprunté. Majestueux, parfois intimidant pour les mollets, cette icône de la Côte des Chapeliers est bien plus qu’une belle pierre : c’est un véritable trait d’union entre deux mondes.
Mais avez-vous déjà réalisé qu’en gravissant ses marches, vous utilisiez l’infrastructure de transport la plus moderne qui soit ? À l’heure où l’on cherche à décarboner nos villes, ce géant nous donne une leçon d’écologie vieille de 140 ans.
L’Escalier Monumental Valence : Une prouesse historique
Pour comprendre l’importance capitale de cet ouvrage, il faut remonter le temps. Au milieu du XIXe siècle, la ville est littéralement coupée en deux. D’un côté, la ville haute, administrative ; de l’autre, la ville basse, populaire.
C’est l’architecte de la ville, Eugène Poitoux (une figure locale incontournable à qui l’on doit aussi la Fontaine Monumentale), qui imagine ce projet audacieux. Inauguré en 1887, l’Escalier Monumental Valence ne sert pas juste à l’esthétique. C’est avant tout une œuvre sociale destinée à “coudre” les deux visages de la cité. Construit en pierre de taille, il a résisté au temps, prouvant que la durabilité est la clé d’une architecture réussie.
Le panorama : La récompense écologique
L’effort d’emprunter l’Escalier Monumental Valence est immédiatement récompensé. Contrairement à un trajet en voiture enfermé dans l’habitacle, la montée offre une ouverture progressive sur le paysage.
Arrivé au sommet, sur la place, le promeneur découvre une vue imprenable sur le parc Jouvet, le Rhône majestueux et les ruines de Crussol. Cette “récompense visuelle” fait partie intégrante de l’expérience de mobilité douce, une invitation à la contemplation que n’offrira jamais le contournement routier.
Le match Bilan Carbone : Escalier vs Voiture
Faisons un calcul rapide pour prouver l’efficacité environnementale de cet ouvrage. Imaginez que vous êtes en bas, sur les Boulevards, et que vous devez rejoindre la Place du Champ de Mars.
Option A : L’Escalier (Mobilité Douce)
-
Distance : Quelques dizaines de mètres verticaux (environ 90 marches).
-
Énergie fossile : 0 kWh.
-
Émissions CO2 : 0 gramme.
-
Bonus : Environ 15 à 20 calories brûlées.
Option B : La Voiture (Le réflexe à perdre)
-
Itinéraire : Vous devez contourner par l’avenue Gambetta, remonter par le Pont Frédéric Mistral ou faire le grand tour par le sud.
-
Distance : Environ 2 à 3 km de détour.
-
Pollution : C’est sur les premiers kilomètres, moteur froid, qu’un véhicule pollue le plus.
-
Émissions CO2 : Environ 250g à 300g pour un simple trajet.
Depuis 1887, l’Escalier Monumental Valence a probablement évité des milliers de tonnes de CO2. C’est le premier “transport en commun” décarboné de la Drôme !
Sport, Santé et Tourisme Vert
L’ouvrage n’est pas un musée figé. Il est devenu le terrain de jeu favori des sportifs pour l’Urban Training. Tôt le matin ou le soir, il n’est pas rare de voir des groupes courir dans les marches, profitant de ce “stepper” naturel.
Avec la redynamisation de la Basse Ville et du port de l’Épervière, il retrouve sa fonction de lien social entre le centre commerçant et les quais. De plus, la mise en lumière récente du patrimoine par la municipalité le transforme la nuit en une colonne vertébrale lumineuse.
Un spot photo incontournable
Au-delà de son utilité écologique, l’Escalier Monumental Valence est devenu le lieu favori des photographes amateurs. Que ce soit pour capturer la brume matinale sur le Rhône ou les couchers de soleil flamboyants sur les monts d’Ardèche, la lumière y est toujours spectaculaire. C’est une raison de plus pour délaisser la voiture : aucun pare-brise ne vous offrira jamais un tel cadre naturel pour vos souvenirs de vacances dans la Drôme.
Conclusion
La prochaine fois que vous soufflerez en arrivant en haut de la Côte des Chapeliers, ne pestez pas. Dites-vous que vous faites un geste pour l’histoire, et surtout un geste concret pour le climat. Les solutions les plus écologiques sont parfois celles qui sont déjà sous nos yeux depuis plus d’un siècle.